20260425 Weekend dent de crolles
Objectif Dent de Crolles
On arrive dans notre gite à St-Pancrasse vendredi vers 19h00 au pied de la Dent qui en impose avec la lumière de fin de journée. Au final on est six pour ce week-end Joëlle, Agnès, JL, Fabrice, Olivier et moi. Tout en commençant l'apéro, on prend des infos auprès des spéléos locaux. En effet, entre l'arrêté qui ferme le sentier d'accès au Trou du Glaz et la route pour aller au parking du Perquelin (départ prévu initialement) qui est fermée, on est obligé d'adapter le planning. Dernières infos, il risque d'y avoir de l'eau sur la dernière partie. Notre itinéraire boucle Guiers Mort - salle du Solitaire - l'Escalier Bis - Guiers Mort. On prévoit donc un départ à 07h00 pour aller se garer au col et marche d'approche jusqu'à l'entrée. Puis on passe au chose sérieuse avec dégustation de plusieurs bouteilles de Papyzouk de différentes production. Ensuite repas bien apprécié avec purée de pois cassés, saucisses et les boissons qui vont avec. Et comme on est pas là pour rigoler tout le monde va se coucher vers 23h00.
Ca y est c'est le jour J, on décolle à 07h10 après un bon petit dej, on se gare au col comme prévu et on entame notre marche d'approche. En fait plutôt une rando d'approche, dans l'euphorie du moment on a un peu sous estimé le temps, moi le premier, du coup 2h30 de marche avec passage d'un col, une partie en versant nord dans des névés et beaucoup de dénivelé à la montée comme à la descente. On arrive enfin, après une dernière montée, devant le porche du Guiers Mort, ça en jette, la cascade qui jaillit de la montagne.
On s'équipe rapidement, la journée va être longue et on s'engage, il est environ 10h30. On arrive dans la grande Salle où on en profite pour aller voir l'arrivée future de notre périple puis on attaque le réseau sanguin (200m de méandre) en passant par une fissure, on est saisi par un courant d'air violent et frais qui nous arrive de face. J'ai les mains gelées, Joëlle aussi, par contre avec JL et Olivier on se rend compte qu'on progresse plus facilement que la dernière fois. Un récent secours a permis d'élargir certaines parties, c'est appréciable.
On arrive au Puits Pierre, remontée de 35m fractionnée et là on est rejoint par un groupe de l'EDS. Du coup la remontée se fait en alternance et prend un peu plus de temps. Ensuite on enchaine galerie Perquelin, vire avec MC (Main courantes) pour contourner le puits Isabelle et galerie du solitaire, la progression est bonne, les galeries sont larges. Puis vient la remontée du puits banane et la descente de la cascade rocheuse (40m). C'est au pied de la cascade qu'on décide de s'arrêter pour se restaurer, il est 15h00. On fait le plein d'énergie et on repart dans une galerie qui passe sous la cacade rocheuse et qui mène assez rapidement à un laminoir qui va nécessiter un peu de contorsion. On rejoint le puits du cerf qui nous permet d'accéder à la galerie du faciès souriant, belle galerie, étroite et tout en hauteur, puis l'Escalier bis, une faille descendante avec des petits paliers qui nous emmène dans l'entée du collecteur. Normalement c'est à partir de là qu'on doit commencer à avoir de l'eau, mais à notre agréable surprise le niveau d'eau est bas. L'ambiance est superbe, l'eau a creusé des marmites avec une eau limpide. On progresse par des petits ressauts qui nécessite de désescalader et avec des petits passages équipés pour éviter des marmites un peu plus conséquentes (MC, petite tyro).
On arrive ensuite à une corde remontante qui nous permet de rejoindre la vire des stalactites, la vire est équipée mais on rejoint rapidement un méandre qui nécessite une progression aérienne, sans équipement, en opposition. On fait attention au positionnement des pieds et on attend de pouvoir rejoindre le fond du méandre pour apprécier que le contexte soit moins engagé, on continue de longer la rivière souterraine. Arrivée au siphon, et là il faut prendre la galerie de droite c'est à dire qu'il faut traverser la rivière, le siphon est 10m plus loin et le débit commence à être présent, il faut pas se faire embarquer. Ceux qui avait réussi jusqu'à présent à ne pas se mouiller n'ont pas d'autres possibilités et JL va nous gratifier d'une petite glissade avec un bain intégral, heureusement il arrive à se rétablir et à sortir de l'eau avec l'aide d'Olivier.
Le parcours se poursuit avec un enchainement de petits puits remontants, descendants et de MC. On descend encore un puits et là, moment d'hésitation, d'un côté on arrive sur un siphon de l'autre la rivière. On cherche pendant un moment une autre possibilité, mais rien, on finit par se résoudre à s'engager dans la rivière, pour ma part j'ai de l'eau à mi-cuisse et on est rapidement rassuré en trouvant une MC qui nous permet de progresser au dessus de la rivière. Ensuite c'est ambiance canyon souterrain, c'est humide, ça dégouline de partout, on arrive au puits Elisabeth avec un rappel guidé qui nous permet d'éviter la cascade.
On voit bien sur la topo que la fin se rapproche, la fatigue commence à se faire ressentir et là on tombe sur un boyau labyrinthique où il faut progresser à quatre pattes. Cette partie est vraiment pénible avec tous les efforts déjà réalisés. Une pensée pour Fabrice qui n'a pas de genouillères...Enfin on peut se redresser, ça fait du bien, une très belle vire hors crue nous permet de traverser la salle de l'Ouragan, dessous la rivière a pris de l'ampleur, ça gronde. Enfin on rejoint la grande salle, le porche et on sort. Il est 22h00, la cascade d'entrée a un débit nettement plus important qu'au matin, au sommet de la Dent, il y a encore de la neige qui fond dans la journée et qui vient alimenter les réseaux qui cheminent dans la Dent. On est rincé mais il faut encore faire la rando du retour, au final plus de 03h00 de marche trempé, dans la nuit, dans la neige, avec une montée raide qui n'en finit pas, mais on avance coûte que coûte comme un groupe de zombies avec pour seul objectif d'arriver aux voitures. Ca y est, c'est fait, c'était dur, exténuant mais vraiment content de l'avoir fait. Une histoire de plus à la Dent. Je ne sais pas si on va y retourner de si tôt.
Rentrée au gîte à 01h30, on est des spéléos, c'est l'heure de l'apéro. On ressasse la journée, on mange et à 03h00 tout le monde dans les bras de morphée. Le lendemain, on émerge sur le coup des 09h00, on prends le temps de déjeuner, on discute, on refait couler un café, personne n'est motivée pour la rando initialement prévue. Finalement vers 11h00 rangement et décollage dans la foulée.
Un bon week-end qui va laisser des souvenirs, qui restera encré dans les esprits et qui fera l'objet de discussion lors de nos prochains regroupements.
Merci à toute l'équipe.